Indiens du Pérou : la loi du groupe sanguin

 
 
Les indiens du Perou, mais également les Bororo du Brésil ou les Shompen de l'île de Nicobar ont tous un point commun : leur population est entièrement du groupe sanguin O, alors qu’il existe en tout quatre groupes possibles : O, A, B et AB !
 
Cette exclusivité peut s'expliquer entre autre par un modèle mathématique appelé "dérive génétique". Tentons d'expliquer ceci simplement !
 
 
 
Si vous avez besoin d’un petit rafraichissement sur les notions de génétiques, courrez vite ici !
Sinon, on continue : rappelez-vous,  l’espèce humaine est dite diploïde, c’est-à-dire que tous nos chromosomes sont présents en deux exemplaires dans nos cellules (du grec diplo = double). Un chromosome vient de notre mère, l'autre de notre père. Les deux chromosomes de chaque paire sont donc susceptibles de porter des informations différentes : l'un peut coder pour un groupe sanguin "A" par exemple, alors que l'autre pourra porter  l'information "B". Un même gène (ici le gène "groupe sanguin") peut donc se présenter sous plusieurs allèles, ou «versions » A, B ou O. Pour information, sachez que c'est le chromosome 9 qui est porteur des gènes déterminant le groupe sanguin.
 
 
Sur chacun des chromosomes de la paire, l'emplacement des gènes "groupe sanguin" est schématisé par la bande de couleur bleue. Ces gènes peuvent-être représentés sous plusieurs versions, nommées "allèles" : A, B ou O. 
 
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Sur le schéma, nous n’avons représenté que la paire de chromosome qui porte les gènes « groupe sanguin », mais rappelez-vous : chacune de nos cellule porte 23 paires de chromosomes !
 
Ces lettres A, B et O désignent en réalité un type de marqueur à la surface des globules rouges : quelqu'un qui porte les deux allèles A ne possède donc que le marqueur A sur ses globules rouges, idem pour B. Quelqu'un de type A/B possèdera les deux marqueurs à la fois. L'allèle O code l'absence de marqueurs : une personne qui possède deux allèles O n’aura pas de marqueurs sur ses globules rouges. 
 
Pour corser (un tout petit peu),  une personne de groupe sanguin A peut posséder des chromosomes sous la forme A/A ou A/O ! Le marqueur A (mais ça marche aussi avec B si son allèle est présent) est synthétisé même s'il n'est codé que par un seul des chromosomes de la paire. 
Comme il code pour une « absence de marqueurs », on dit que l’allèle O est récessif par rapport aux allèles A et B (qui, eux, sont dominants). En effet, pour qu’une personne puisse avoir un groupe sanguin O, il faut que les deux gènes portent l’allèle O, sinon ça ne marche pas ! 
 
L'information portée par les chromosomes constitue le génotype; ce qui se voit sur les globules, ici les marqueurs, constitue le phénotype. Deux génotypes différents (par exemple AA vs. AO) peuvent pourtant avoir un même phénotype (ici des marqueurs de  type A) !
 
Il existe une discipline qui s’intéresse à la répartition des gènes parmi un grand nombre d’individu : c’est la génétique des populations. Le principe de Hardy-Weinberg, du nom de son inventeur, prévoit que pour une population de grande taille, diversifiée, pratiquant la reproduction sexuée et ayant quelques caractéristiques biologiques un peu techniques -en bref, une population supposée à l'équilibre-, les fréquences alléliques restent constantes ou dit plus simplement, la répartition des différents allèles A, B et O au sein de la population reste constante et les groupes sanguins sont variés.
 
Au contraire, dans le cas des populations réduites et isolées, ayant peu d'échange avec les autres populations et donc peu de brassage génétique, comme c’est le cas des ethnies présentées plus haut, cet équilibre est rompu et on observe la prédominance d’un groupe sur les autres : c'est la dérive génétique.
Mais pourquoi spécifiquement le groupe O ? Plusieurs théories sont alors avancées sur des causes externes, qui favoriseraient les personnes porteuses de l'allèle O : elles seraient notamment mieux protégées de certaines maladies comme la syphilis. Selon cette logique, les personnes porteuses du O vivraient mieux, auraient plus d'enfants, favorisant ainsi diffusion de l'allèle O. Et comme il y a peu de brassage avec des populations extérieures, celui-ci serait devenu petit à petit dominant sur les autres !
 
 
 
 
Références:
 
 
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Commentaires

Utilisateur non enregistré

Ayant "PEU d'échange" sans T, ça pique moins les yeux et on perd moins en crédibilité

Utilisateur non enregistré

Ayant "PEU d'échange" sans T, ça pique moins les yeux et on perd moins en crédibilité

Portrait de Mallice
Merci, cher lecteur, pour cette relecture attentive :) Croyez bien que nous écrivons ces articles en (modestes) passionnés de science, et que malgré le soin que nous portons à notre travail, il arrive que de malheureuses petites fautes de frappe (ou d'étourderie) se glissent dans nos textes.
Nous reconnaissons humblement nos erreurs mais nous espérons tout de même qu'une si petite faute de forme ne suffira pas à balayer tout un contenu !
Aussi, nous vous remercions pour cette remarque, que nous avons prise en compte ; mais pour la prochaine fois, s'il vous plait, un peu de bienveillance fait toujours du bien, et ça ne coûte rien :)
 
L'équipe d'Axiomcafe

Sometimes I think the surest sign that intelligent life exists elsewhere in the universe is that none of it has tried to contact us. (Bill Watterson, Calvin & Hobbes).