Coôâ ? Le record du plus petit vertébré au monde ?

 
Le squidwormCôôa ? C'est ce qu'aurait pu répondre la nouvelle lauréate si on lui avait tendu le micro !
Comme vous le savez, les vertébrés (animaux qui possèdent un squelette interne, comme nous) varient énormément en taille : de l'éléphant à la musaraigne, la gamme est large...
 
Le plus grand vertébré vivant à l'heure actuelle est la bien connue baleine bleue, dont l'adulte peut atteindre presque 26m de long, alors que le plus petit que l'on connaissait était un petit poisson (Paedocypris progenetica) de 8mm de long. Ces deux espèces sont aquatiques ; on pense en effet que, dans l'eau, les espèces peuvent plus "facilement" atteindre des extrêmes de taille. L'eau, ayant une plus forte densité que l'air, porte les organismes et allège les forces pesant sur le squelette.
De la même façon, on pensait avoir trouvé les limites de la miniaturisation avec ce petit poisson, des os plus petits ne pouvant théoriquement pas être viables car trop fragiles.
 
C'était avant que l'équipe américaine d'Eric N. Rittmeyer ne découvre une petite bête qui repousse les limites du plus petit squelette et décroche la nouvelle palme : une minuscule grenouille (Paedophryne amauensis), dont la taille moyenne des adultes est de 7,7mm !
Observée en Nouvelle-Guinée, cet amphibien miniature possède moins de doigts et de phalanges que les espèces de plus grande taille, et présente quelques modifications au niveau du crâne et du nombre de vertèbres. 
 
A part ça, non seulement cette petite grenouille prouve que les squelettes peuvent être encore plus petit que ce que l'on pensait possible, mais en plus, elle est terrestre ! Or, les amphibiens se déssèchent très vite si le milieu n'est pas assez humide, et ce d'autant plus rapidement que l'animal est petit (parce que sa surface est très grande, relativement au petit volume de son corps).Le squidworm
Bizarrerie du monde vivant ? Disons plutôt que ces grenouilles sont dans un écosystème qui a leur a permit d'évoluer et de survivre ainsi. En restant sur terre, elles évitent un grand nombre de prédateurs aquatiques ; la forêt humide de Nouvelle-Guinée leur permet de ne pas se dessécher et leur taille minuscule de ne pas trop se faire repérér.
Une stratégie de discrétion efficace, puisque leur révélation au monde scientifique n'a été faite que fin 2011...!
 
 
sources :
Rittmeyer  EN,  Allison  A,  Gru¨ndler  MC,  Thompson  DK,  Austin  CC  (2012)  Ecological  Guild  Evolution  and  the  Discovery  of  the  World’s  Smallest Vertebrate. PLoS ONE 7(1): e29797. doi:10.1371/journal.pone.0029797
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